Less is More

Less is More (Moins c’est Plus) est un concept souvent mentionné lorsqu’on réfléchit sur l’innovation et les raisons pour lesquelles certains produits ou services réussissent à s’imposer alors que d’autres font un flop.

Less is More est une petite maxime qui rappelle que souvent, ce ne sont pas forcément les produits les meilleurs qui s’imposent, et que ce n’est pas parce qu’on a plus de fonctionnalités que son concurrent qu’on va forcément mieux diffuser son produit. Le concurrent étant ici pris au sens large. Cela peut effectivement être une entreprise, un logiciel ou un site web, mais aussi une technologie, un comportement, une idée, une mutation génétique …

Deux exemples de la pertinence du concept Less is More

Le vainqueur des systèmes de gestion de contenu : le Wiki

Inutile de préciser qu’il existe maintenant des millions de sites web. Le besoin de gérer ces sites a motivé la création de nombreuses solutions logicielles pour en administrer le contenu. Ces CMS comme on les appelle souvent, (Content Management Systems – Systèmes de Gestion de Contenu) sont de plus en plus sophistiqués, intégrant de nombreuses fonctionnalités complexes pour la gestion d’articles, d’auteurs, de rubriques, de navigations, de workflow (le processus de rédaction, correction, validation et publication d’un article), de droits d’accès, de taxonomies, de forums, de messagerie interne, etc … Les CMS les plus connus sont : SPIP, Joomla, Drupal, Django, Typo 3, WordPress, DotClear, … D’autres CMS ayant eu leur heure de gloire, mais qui ont presque disparu : PhpNuke, Xoops, Vignette, …

Parmi tous ces logiciels souvent très sophistiqués, et parfois très lourds et couteux à installer, une personne (Ward Cunningham) a voulu créer un système très simple, ne contenant que le minimum vital de fonctionnalités : pas de rubricage, même pas de status « brouillon » ou « en attente de publication » pour les pages, pas de titre pour les articles (juste le nom de la page), … l’ensemble fut développé et baptisé Wiki. Son fonctionnement s’apprenait en 5 minutes, sa simplicité déconcertante abaissait énormément le niveau d’investissement financier et humain, autant pour ceux qui l’installaient, que pour ceux qui devaient se mettre à l’utiliser. Alors que les Wikis ont pu faire figure de CMS « appauvri », leur vitesse de diffusion et d’adoption par les utilisateurs, en ont fait l’un des système de gestion de contenu les plus utilisés et apprécié pour son efficacité.

La facilité de maniement d’un Wiki, ont permis à quelques dizaines, puis centaines, puis milliers de personnes de créer la plus grosse encyclopédie du monde : WikiPédia.

La simplicité du Wiki a triomphé de la lourdeur et de la complexité de nombreux autres types de CMS.

Twitter : l’application du Less is More aux blogs

Twitter est une autre illustration du fait que les services rudimentaires rencontrent parfois des succès retentissants. Le principe de Twitter est simple : avoir un blog dont les articles sont limités à 140 caractères. Pas de titre, pas de mots clés, pas de rubriques ou catégories, pas de trackbacks … juste une case pour mettre son message de 140 caractères max.

Flux RSS ? Blogroll ? Agrégateur RSS ? Rien de tout ceci, juste la fonction Follow pour s’abonner aux tweets des personnes qui nous intéressent.

Ma première réaction en découvrant Twitter, (qui fut d’ailleurs la même en découvrant les Wikis) fut de penser : mais à quoi va servir un truc aussi nul ?

Le succès de Twitter nous a montré une fois de plus que le caractère rudimentaire d’un service pouvait en être son atout principal, la raison de son succès, notamment parce que les outils simples sont généralement plus flexibles et permettent aux utilisateurs d’en adapter l’usage à leurs besoins réels.

C’est aussi ce qui pousse certains développeurs à établir le KISS comme une de leur règle d’or.

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